Il était une fois .....
C'est ainsi que commence tous les contes de fées. L'histoire que je vais vous conter n'a rien avoir avec les fées, ni d'ailleurs avec les contes.
Marie naquit un soir de juin, dans un établissement réservé aux mamans qui n'avaient pas de mari. Elles venaient là, perdre leurs illusions sur la vie et sur l'amour, en même temps que leur bébé. Les bonnes sœurs, épouses de Jésus, les incitaient à oublier leur péché, en abandonnant le fruit de leurs entrailles à des familles bien pensantes.
Heureusement pour la petite fille, sa maman, après un instant de faiblesse dans les bras d'un type qui n'en valait pas la peine, n'avait nullement l'intention de l'abandonner. Mais les préjugés étant encore forts à cette époque, elle alla quand même cacher sa grossesse à la ville. Les gentilles nonnes eurent beau faire et beau dire, la maman repartit toute fière avec sa petite fille, brune et ronde, dans ses bras.
Elles furent accueillies à bras ouverts par Puche et Nany, les heureux grands-parents.
Puche se sentit plein d'amour pour ce petit bouchon souriant et décida de remplacer un papa qui tout bien considéré pouvait rester là où il était. On décida donc de ne jamais lui révéler sa paternité. Ce qui plus tard, eut de fâcheuses conséquences pour la petite fille, mais nous y reviendrons.
Marie grandit dans un milieu bourgeois, à l'abri des soucis financiers. Nany qui l'adorait, la protégeait « bec et ongles » contre quiconque osait la traiter de bâtarde. Elle affichait un visage méprisant et jetait un regard glacial au manant qui osait s'approcher de trop près de sa petite « pouille ».
Durant sa petite enfance, elle fut heureuse, du moins jusqu'à sa dixième année.
Un jour de janvier de cette année-là, au retour de l'école, en arrivant à la coupette qui surplombait sa rue, Marie vit la longue voiture noire garée au bord de son trottoir.
Son sang se glaça dans ses veines et elle sut que la mort venait de frapper. Elle sut que le bon Dieu venait de lui enlever son cher Puche. Le seul qui savait lui raconter des histoires, inlassablement, des heures durant. Le seul qui savait la prendre sur ses genoux, où elle se sentait si bien. Le seul qui jouait à cache-cache avec elle dans les grands fauteuils bruns du salon. Le seul qui bien plus tard, viendrait lui rendre visite dans ses rêves, à chaque fois qu'elle l'appellerait.
Marie s'était approchée et avait posé doucement ses lèvres sur le visage figé. Les premières vraies larmes de sa vie étaient tombées sur la joue froide. Elle l'avait regardé partir dans le grand cercueil, tendu de soie jaune, raide dans son beau costume du dimanche. Elle aurait voulu l'accompagner jusqu'au petit cimetière de son village natal, mais on ne le lui avait pas permis. Peut-être cet hiver de janvier était-il trop rude pour la petite fille ? On la laissa chez des amis, bien au chaud.
Elle ne put qu'imaginer, la tristesse et l'angoisse lui serrant le ventre, dans cette chambre qui n'était pas la sienne, la caisse en bois descendant lentement dans le caveau familial, puis la lourde dalle retombant sur son Puche.
Ce n'est que plus tard, lorsqu'elle grandit, qu'elle sut que ce n'était qu'une enveloppe qui gisait là-bas. L'esprit de son Puche était toujours vivant, tout près d'elle.
Le temps de l'insouciance se termina aussi cette année-là. Sa maman devint chef de leur petite famille à trois. Elle vendit son commerce pour aller travailler à l'usine, où elle rencontra celui qui changea leurs destins.
On vendit la belle maison de Puche et de Nany, cette dernière n'offrant que peu de résistance au désir de sa fille. Son homme l'avait quittée et c'était sa fille qui désormais prenait les décisions. La petite fille, trop jeune, n'eut pas son mot à dire.
Personne ne lui demanda si la maison lui manquerait, si les lilas pourraient fleurir sans elle ou si elle pourrait se passer du jardin qui avait abrité tant de jeux avec Bernard et Jean-Lou. Mais demande-t-on aux enfants leur avis, avant de prendre les décisions qui changeront leurs vies ?
La maman choisit de tout quitter, pour suivre cet homme qui n'était pas libre et Marie suivit.
Un autre pays, une autre vie les attendaient. Leur petite vie bourgeoise s'en était allée avec Puche. S'ouvrait devant elles, la merveilleuse vie du prolétaire. On se mit à compter les pommes, pas plus de deux par jour.
Puis, Nany finit par les rejoindre, plus rien ne la retenant dans un pays qui lui avait tout pris.
Une grande complicité naquit entre la petite fille et la grand-mère et elle se fortifia de plus en plus au fil des ans. Lorsqu'elles se sentaient seules, lorsque les idées, les goûts et les couleurs de l'homme de maman, rejaillissaient sur elles, lorsque le joug devenait trop lourd, elles se serraient l'une contre l'autre, n'ayant nul besoin de mots. Parfois elles partaient faire du « lèche-vitrines » ou goûter, à la terrasse d'un café, pour oublier que maman n'avait pas besoin d'elles.
Elle était si forte, si intelligente. Elle avait toujours, tellement raison.
Quelques années passèrent et l'adolescence puis les garçons, prirent Marie un peu au dépourvu. Oh ! elle savait beaucoup de choses. Maman lui avait tout expliqué : le papa, la maman, la petite graine, comment on fait les enfants.
Marie savait tout, et comme elle avait une imagination débordante, elle n'eut aucun mal à imaginer comment cela se passait dans les détails. Elle le sut bien avant que Robert, son premier flirt, ne la renverse un jour dans la paille, enfonçant une langue possessive dans sa petite bouche. Elle avait ce jour-là, à peine treize ans. Elle raconta à maman, qui prit bien la chose. Nany, quant à elle, trouvait Marie bien jeune, mais on ne lui demanda pas son avis.
Et Marie grandit vite. Elle finit par en avoir assez de passer ses samedis à l'étude, pendant que sa maman recevait son amant.
Un jour elle s'échappa de l'école et revint à la maison. Elle resta sous les fenêtres de la chambre, à écouter les sons et les murmures qui s'en échappaient. Elle imagina sans peine la scène, sa maman blottie dans les bras de cet homme. Son premier sentiment fut la jalousie, puis l'envie. Pourquoi ne ressentirait-elle pas les mêmes plaisirs ?
Son jeune corps eut soudain besoin d'amour. Elle voulut être possédée physiquement et crier de satisfaction.
Mais comme l'amant idéal ne se rencontre pas à treize ans, ses petits copains lui en donnant très vite la preuve, elle s'en inventa un. Puis un amant imaginaire ne suffisant pas, Marie se construisit tout un univers parallèle, invisible. Un univers qu'elle dominait de sa féminité et de sa volonté, un univers où tout le monde l'aimait, mais aussi un univers où toutes les sensations et les passions existaient, poussées jusqu'à leur paroxysme.
Les mois passant, les sensations que Marie généraient dans son monde ne lui suffirent plus et elle eut terriblement besoin de les essayer, en vrai !
Elle commença à mentir, à manquer la messe, pour retrouver des copains, puis à glisser lentement vers le fruit défendu, quel qu'il soit, pourvu qu'il fût défendu.
Elle s'essaya au flirt, allant de plus en plus loin, pour connaître de plus en plus de sensations physiques. A seize ans, elle alla jusqu'au bout, le jour où elle tomba sur un gentil garçon, qui ne voulant pas la contrarier, la propulsa dans le monde adulte.
Il n'était que gentil, c'est tout ce qu'il avait, mais cela suffit à Marie. Il obéit à ses moindres désirs, comme un bon toutou. Et un jour, pour attirer l'attention de maman, elle se fit faire un bébé.
Maman accepta le petit, elle n'avait guère le choix. Nany n'accepta pas, d'abord, puis après elle accepta tout de même, elle aimait tant Marie.
Le papa passa dans la vie de Marie, le temps de lui faire, deux ans plus tard un autre bébé, puis ce fut tout. Sur les conseils de maman, Marie se maria pour mieux divorcer.
Ce fut mariage à quatre. Maman qui faisait le papa, Marie qui n'avait pas grand chose à dire, et les deux petits. Nany était là, sans plus. Marie essaya, plusieurs fois, de faire preuve d'autorité, sur ses bébés. Elle essaya maladroitement de faire comprendre à maman qu'elle en était une aussi. Elle retourna à l'école, passa son diplôme d'infirmière, mais maman eut soin de lui dire qu'elle n'avait ni la capacité, ni les moyens de les élever toute seule.
Marie n'insista pas, par manque de volonté ou écrasée par une force plus grande que la sienne. Elle regarda ses enfants grandir, élevés autrement.
Elle s'échappait de plus en plus souvent dans son monde invisible, en cachette, le soir dans son lit. Il devenait tellement essentiel, qu'elle tenta de créer dans la réalité, un peu des sensations que généraient ses situations ambiguës, là-bas. Elle trouva un amant, bien plus âgé qu'elle, très proche de maman. Mais ce fut décevant. Il n'osât pas, ce qu'elle voulait qu'il fit.
Elle idéalisât la famille et l'amour. Elle avait envie d'un homme, fort, puissant, qui l'aimerait, qui l'apprécierait, qui la révélerait dans sa féminité. Un homme qui lui donnerait toutes les émotions physiques qu'elle ressentait dans son autre monde. Un homme qui aurait besoin d'elle, mais un homme sur lequel elle pourrait se reposer.
Elle était enfin prête, pour rencontrer celui qu'elle allait aimer à la folie et qui lui prendrait tout, même ce qu'elle n'avait pas.
Elle l'avait connu, à treize ans, déjà petit loubard. Ce fut son premier amour. A l'époque elle ne savait pas qu'il n'y aurait jamais que lui.
Lorsque chacun de leur côté, ils eurent prouvé au restant du monde qu'on peut être parent à dix-sept ans, ils se retrouvèrent. L'attrait qu'ils avaient l'un de l'autre et qui datait de leur adolescence fit le reste. Il passèrent une nuit ensemble, puis deux, puis vingt ans.
Marie trouva dans Michel, le frère, le père, l'amant et le mari. Elle trouva le maître et elle fut l'esclave. Mais ce qui fut merveilleux, pendant toutes les années qu'ils vécurent ensemble, c'est que leurs envies furent toujours réciproques. Il exigea beaucoup d'elle, tant physiquement que moralement. Elle lui donna tout et même ce qu'il ne lui demandait pas. Elle s'oublia pour lui, se fondit en lui. Elle n'exista plus que pour lui.
Longtemps, elle fut aveuglée par sa soif de lui, sa soif d'amour. Leurs penchants sadomasochistes les lièrent l'un à l'autre plus sûrement que n'importe quel autre lien. Michel lui apporta tout ce qu'elle désirait et avait imaginé en situations incroyables, en fantasmes impossibles, en sensations physiques exacerbées. Il la soumit, sur tout les plans et elle se laissa faire. Elle accepta d'être dominée croyant sans doute que c'était une preuve d'amour immense de la part de l'autre, mais elle était la seule à prouver, la seule à se soumettre, la seule à se donner et la seule à aimer.
L'illusoire, que Marie savait si bien générer, l'avait depuis longtemps rattrapée .
Elle oublia un peu ses enfants, laissant sa responsabilité de mère, à la sienne. Rien n'existait plus, que Michel. Même, son monde invisible s'estompa légèrement, mais sans doute se confondait-il un peu à la réalité.
Maman avait été abandonnée par celui pour qui elle avait tout laissé. Il était retourné chez madame et puis il était mort. Elle avait reporté son amour sur ses petits enfants donnant l'impression à Marie qu'ils comptaient plus que tout. La jeune femme tout à son amour, et peut-être par lâcheté, laissa faire.
Les années passèrent avec leurs lots de bons moments, de folie amoureuse aux nombreux excès, de déménagements, de pertes d'emploi, de catastrophes financières et de disputes.
Marie essaya même de voir son père, celui qui ne savait rien d'elle, à qui maman n'avait rien dit. Il nia, dit qu'il n'avait jamais « dormi » avec sa maman. Marie laissa tomber, décidément ce type n'en valait pas la peine.
Marie et Michel oublièrent de vivre dans la réalité. Ils oublièrent qu'ils vivaient chacun une passion, mais ils ne vivaient pas la même !
Leur ménage s'effilochait depuis longtemps, lorsqu'un soir, maman téléphona que Nany était partie rejoindre Puche.
Tout l'univers de Marie commença à basculer. Elle plongea lentement dans la déprime.
Les soucis, l'essoufflement de son couple, le manque d'amour de Michel firent le reste. Même la venue de deux petits-fils, malgré l'attendrissement de leurs petits sourires, ne lui rendirent pas le sien.
Un jour, le ras-le-bol fut trop grand. Elle parla à Michel, tenta de lui expliquer l'amour qu'elle avait encore pour lui. Elle voulut lui dire qu'ils pouvaient tout recommencer, comme avant. Il ne l'entendit pas, ou ne voulut pas. Elle apprit ce jour-là que l'être qu'elle aimait et idolâtrait, ignorait le sens du mot amour. Leur vie à deux n'était qu'une association bien rodée. Pour lui l'amour n'existait pas, du moins pas en permanence. « C'était à la rigueur une émotion subite à un moment donné » ! Elle s'effondra et s'éloigna.
Elle quitta le pays, visita la Suisse.
Puis elle revint, pour s'apercevoir que Michel avait tout vendu et qu'elle n'avait plus rien. Il était devenu froid et distant, sauf les quelques fois où il avait envie de son corps. Et elle, pauvre idiote, se donnait encore, tentant de retrouver les sensations d'antan, espérant que peut-être.
La déprime se transforma en profonde dépression, le jour où il lui annonça qu'il voulait un bébé, mais pas d'elle.
Il chercha un utérus, et le trouva.
Lorsque l'enfant naquit, Marie sut que tout était fini, même l'espoir.
Elle sombra dans un trou profond, sans fond. Même ses amis, dans son monde imaginaire ne purent l'aider. Elle pleura longtemps, jusqu'à ce que les larmes soient taries.
Toute sa vie, elle avait été ce qu'on voulait qu'elle soit. Elle n'avait pas d'identité. Elle n'avait plus d'énergie.
Elle était comme une voiture sans essence arrêtée au bord de la chaussée et personne pour la pousser.
Marie plongea longtemps, puis finit par s'arrêter. Un rêve mystérieux, faisant apparaître son amant invisible plus vrai que nature, lui fit relever la tête. Elle décida d'écrire l'histoire de cette vie idéale, de ce monde irréel qu'elle aurait tant voulu réel. En le mettant sur le papier, elle lui donna vie et existence. Et se sentit un peu mieux, quelques temps.
Et puis un jour, une petite annonce, lue au hasard d'un magazine professionnel, l'attira à Parnac petit village du Gévaudan. Elle s'y établit, pensa ses blessures, sécha ses larmes, se reconstruisit un nid. Elle se fit des amis, fut reconnue et considérée, ce qui ne lui était jamais arrivé. Pendant quarante ans, elle avait cherché une reconnaissance et une estime de ses proches. Elle les trouva chez des étrangers.
Il lui fallut plus d'un an, pour renaître, pour devenir quelqu'un d'autre.
Une partie d'elle était présente, travaillait, rencontrait des amis. L'autre partie, celle qui aimait les choses invisibles continua à les chercher. L'écriture lui permit de traduire ses pulsions et ses passions en mots, de s'échapper dans les mondes de la pensée et de l'irrationnel. Ses héros firent, pensèrent et ressentirent tout ce qu'elle avait ou n'avait pas vécu. Elle revit à travers eux.
Puis la maladie la rattrapa, après l'avoir laissée souffler un peu. La dépression empira se transformant en psychose maniaco-dépressive. Mot très savant pour expliquer les moments de désespoir, d'angoisses, de mal de vivre et puis les autres moments. Ceux où Marie se sentait forte, trop forte et faisait n'importe quoi, des dépenses futiles aux excès de tous genres.
Elle recommença à pleurer, sans raison, les larmes jaillissant de ses yeux sans lui demander son avis.
Son monde imaginaire, ses nouvelles et ses romans ne suffirent plus. Commencèrent les traitements qui la calmaient bien un peu, mais dans ces cas là, elle passait le plus clair de son temps à dormir. Et à son réveil tout était à la même place. Ni plus, ni moins.
Et un jour, entre deux crises de larmes un petit rayon de soleil apparut dans sa vie, par hasard. Il s'appelait Max. C'était un magnifique petit boxer fauve, avec un nez tout noir et une expression d'amour dans le regard qui ne le quitta jamais durant les 7 courtes années qu'ils passèrent ensemble. Marie s'accrocha à ce petit être fait d'amour et de poils comme à une bouée de sauvetage, et c'est bien ce qu'il fut.
Sa fidélité et son attachement à Marie ne faiblit jamais. Il lui redonna goût à la vie, lui redonna un sens. Marie comprit que ce que les humains ne lui avaient pas apporté, son petit Max lui en donnait à revendre. Il ne la quitta plus. Elle reporta sur lui le manque de ses enfants qu'elle n'avait sans doute pas su comprendre, et son manque d'amour d'un homme. Max combla sa solitude, celle du dehors mais surtout celle de dedans. Elle se tourna alors vers les chiens plutôt que vers le genre humain.
Sa profession d'infirmière l'avait épuisée, lui donnant peu de joies et de reconnaissances. Ses chiens allaient les lui en donner au centuple.
Max fut le premier et le seul pour qui elle éprouva un amour aussi intense. Mais grâce à lui il y eut Pat, boxer blanc infantile, gâté, beau et dont la désobéissance frisait la perfection !
Puis Sarah, jolie petite femelle bringée qui donna par la suite une bonne trentaine de bébés à Marie.
Saïka, première femelle LOF qui permit à Marie d'entrer dans la monde du chien de race et de s'y faire un petit trou.
Thyras dit "petit pognon " qui lui en coûtât d'ailleurs beaucoup !
Urbain, le fils de Saïka et Ariane et Aude les filles de Thyras et d'Urbain.
Ce fut Max qui donna à Marie cet amour des chiens, et c'est lui qui la sortit en très grande partie de cette maladie insidieuse qui la frappait toujours au moment ou elle s'y attendait le moins.
Elle troqua sa blouse d'infirmière pour celle d'éleveuse canin et sa vie reprit un sens. Ses boules de poils étaient là quand elle était heureuse, elles étaient là aussi et surtout quand tout allait mal. Elle n'était plus seule.
Le jour où Max la quitta, une nuit à la veille de ses sept ans, ayant trop toussé, son petit cœur trop fatigué. Marie fut désespérée. Mais les autres restaient, ils avaient besoin d'elle, alors elle tint le choc. Mais 2 ans après son départ, il était toujours près d'elle en pensée et Marie savait qu'elle ne l'oublierait jamais.
Sa fille lui donna à cette époque-là, la petite-fille que Marie lui réclamait depuis des années. Un petit minois adorable, toujours souriante et qui s'accrochait aux cheveux de sa « Mato », la serrant très fort pour lui montrer son amour. Ce petit bout de choux était un petit cadeau que lui envoyait peut-être son Max, de là-haut !
Ces chiens devinrent ses compagnons, ses amis, ceux qui étaient toujours là dans les moments difficiles, avec leur amour intarissable. Ils faisaient partie d'elle et Marie n'aurait jamais pu sans séparer, même si parfois elle se passait d'un repas pour pouvoir le leur donner. Ils étaient dans la même galère, ils vogueraient ensemble dans la vie ou couleraient, ensemble.
C'était grâce à eux qu'elle continuait à vivre, grâce à eux qu'elle avait une raison de se battre et grâce à eux que parfois quand tout allait de travers, elle ne commettait pas l'irréparable.
Un petit boxer vint se blottir contre elle, tout chaud, tout tendre. Sa langue était mouillée sur sa main et sa petite tête se posa sur sa cuisse.
Elle le caressa en souriant.
Marvie
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