Lettre ouverte à un ami

 

 

Ami,


Tu tenais le bon bout. Tu l'avais vaincu, du moins le croyais-tu. Et puis, comme ça, un jour, sans raison apprente, celui que tu pensais à jamais disparu a resurgi dans ta vie.

Ce matin tu t'es levé, le blues au fond du coeur, l'angoisse dans le ventre, la peur au fond des yeux. C'est un matin comme tant d'autres, sauf que pour la première fois, le lit est vide à ton côté.

Elle s'en est allée la veille, pour ailleurs, pour un monde qui n'est pas forcément meilleur, mais toi, t'es paumé. Elle était ta raison de vivre, avec elle tu avais gagné. Aujourd'huitu ne sais plus. Le désarroi s'est emparé de toi et te tiens bien. Tu te lèves, car il faut bien continuer. Tu t'habilles sans réfléchir, par d'habitude. Le chien te regrade, un peu inquiet, un peu désemparé, lui aussi. Et vous partez errer dans les rues de la ville.

Tout naturellement, tes pas t'amènent là où jadis, ils te conduisirent tant de fois, lorsque la détresse t'étreignait. Tu résistes, tu ne veux pas entrer. Tu te forces à partir. Tu t'éloignes un peu, tu hésites. Le chien se plante devant toi, te fixe, comme pour te retenir, comme pour te dire quelque chose. Il voit, il sent ce que tu vas faire. Il voudrait t'en empêcher, mais il sait que c'est déjà trop tard. Alors ignorant le seul ami qu'il te reste, tu reviens sur tes pas et tu entres. Allez juste un petit coup, histoire de passer l'angoisse, juste un petit !

Quelques heures plus tard, tu es toujours là. Les verres se sont accumulés, chassant la peur, pour un temps. Et ton vieil ennemi, tu sais celui que tu croyais parti ? Il est là, il il vient de reprendre possession de toi. Tu l'as senti, mais tu t'en moques. Ah quoi bon combattre maintenant, pour qui, pour quoi ? Le chien t'observe de ses grands yeux mouillés. Tu y vois la sagesse, alors tu lui donnes un coup de pied, car ce regard te dérange, et ... tu t'écroule sur la table.

Ami ! Lors d'un moment de lucidité, lorsque pris de remords tu voudras à nouveau combattre, écoutes !

Les épreuves sont quotidiennes, il faut y faire face. Le moment d'égarement est humain, mais persister est preuve de faiblesse. Les épreuves sont lot quotidien, parfois elles nous paraissent insurmontables. Tu dois faire face à cet esprit étranger qui te possède, ne le laisse pas te dominer. Il t'enlève ton libre arbitre et ta volonté. Tu dois le jeter hors de toi. Mais n'oublie jamais que ton combat est personnel et que toi seul peut le vaincre.

Préserve ton corps, il t'es précieux autant que ton esprit; Il t'as été donné en bon état, tu dois en prendre soin. Accepte l'épreuve, c'est le premier pas vers la victoire. Bats-toi. Cela ne sera pas facile, mais courage, tu réussiras.

Lorsque tu seras libéré, tu partiras le rejoindre en Esprit libre.

Que la Force et la Foi t'accompagnent.

                                                                                                                                                        Marvie


 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 26/01/2009
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